Aller à la plage de pages :
> i-xiv
> 1-50
> 51-100
> 101-150
> 151-200
> 201-250
> 251-280
Le Sieur [Nicolas] Faret

L'Honneste-Homme ou l'art de plaire a la court

Paris, Toussaincts du Bray, 1630

251

qui sont de cette humeur, à
perdre ainsi les femmes, sont
bien perdus eux-mesmes au-
prés d'elles, & ne faut pas qu'ils
en esperent jamais que des
mespris, quand mesmes d'ail-
leurs ils auroient toutes les
plus aymables qualitez que
l'on se sçauroit imaginer. Ils
ont plusieurs autres defauts,
dont quelques-uns sont veri-
tablement moins malicieux &
de moindre consequence que
ceux dont nous venons de
parler, mais qui ne les esloi-
gnent pas moins des bonnes
graces de cet agreable sexe.
Generalement tous les vices
deplaisent à celles qui ayment
la Vertu ; mais particuliere-
Vices
odieux
en la con-
versation
des Fem-
mes.

252









Les Mes-
disans.




Les Blas-
phema-
teurs.
ment elles ne sçauroient souf-
frir ny les mesdisans, ny les
blasphemateurs, ny les opi-
niastres, ny les resveurs, ny
les suffisants ; ny comme que
ce soit aucunede ces imperfe-
ctions qui tesmoignent de la
rudesse d'esprit. Aussi à dire le
vray, que doivent-elles atten-
dre des mesdisants, que des
calomnies, & un traittement
d'autant plus rigoureux que
leur vertu sera plus éclatante ?
Et quels respects sçauroient-
elles esperer de ceux qui mes-
prisants le Ciel mesme, osent
bien à tous propos, par des
jurements execrables, violer
l'honneur du sacré Nom de
Dieu, & profaner la gloire de

253

cette sainte, pure & admirable
Essence ? Que si elles ayment la
douceur de l'entretien &, les
humeurs gayes & divertissan-
tes, comme certainement elles
font, que peuvent-elles trou-
ver dans les esprits opiniastres
& resveurs, que des contrarie-
tez, & de la melancholie, qui
leur sont si odieuses & si diffi-
ciles à suporter ? Elles ne souf-
frent pas plus volontiers l'or-
gueil de ces ames enflées de
presomption,& de fausse gloi-
re, qui n'ont jamais la bouche
ouverte qu'à leurs propres
loüanges, & à publier leurs bel-
les actions. Un Gentilhomme
est bien ridicule qui n'a rien de
meilleur à dire, & ceux-là sont

Les Opi-
niastres
& Res-
veurs.






Les Or-
gueilleux

254

bien à plaindre qui sont con-
traints de l'escouter souvent.
J'approuve bien qu'il fasse va-
loir ce qu'il sçait, & en quoy
il est excellent ; mais il faut que
ce soit par les effects, plustost
que par les paroles ; & par ren-
contre s'il se peut, plustost que
par dessein. Combien qu'il soit
extrémement bon danseur, ce
ne sera pas luy qui donnera le
plus souvent le bal, ny qui met-
tra la compagnie en bransle
de le desirer : Mais sans s'em-
presser, & sans aussi se faire
prier, il y ira comme les autres,
& comme à un passe-temps
auquel il ne croit pas avoir
plus d'advantage qu'en tout
autre où l'on se voudroit di-

255

vertir. S'il se fait quelque par-
tie de combattre à la barriere
ou de courre la bague, ou qu'il
se rencontre quelque autre oc-
casion de faire paraistre com-
bien il est excellent en tous
exercices : Quelque beau gen-
darme qu'il soit, & quelque
adroit qu'il se sente, il s'y trou-
vera tousjours avec cette a-
greable froideur, & se con-
tentera de bien faire, sans tes-
moigner d'estre bien satisfaict
de soy-mesme. Le plus habile
homme du monde, quand il
se vante de l'estre, n'est qu'un
sot. Rien de tout ce qu'il dit, &
de ce qu'il fait, ne plaist à per-
sonne, & le trop de soin qu'il a
de donner de l'éclat à ses bonnes

256

  qualitez & de les vouloir faire
paraistre agreables ; ne les ob-
scurcit par seulement, mais en-
core les rend importunes.
Aussi la vanité a cela de com-
mun avec la temerité, qu'outre
qu'elle es folle & aveugle, elle
est encore mal-heureuse. C'est
pourquoy la modestie me
semble la plus necessaire de
toutes les vertus qui entrent
en usage dans la conversation
des femmes : La pluspart des
autres ne gaignent que leur
estime, mais celle-cy leur gai-
gne le cœur, & acheve ce
que tant de subtiles adresses
n'ont que commencé.
Que le
Jugement
est celuy
Après tant de ramarques di-
ferentes, pour la derniere &

257

plus certaine de toutes, il faut
dire que le Jugement est le
maistre de cet Art ; & que de
sa bonne ou mauvaise con-
duite dépend principalement
le succez de la fin que nous
avons proposée. Toutes les
meilleures maximes tombent
en cofusion si elles ne reçoi-
vent l'ordre de luy, & aux
choses les plus evidentes il ne
faut pas laisser de le consulter,
aussi bien qu'aux plus espineu-
ses. Mais sur tout parmy les
femmes il est comme impossi-
ble, sans son seecours, que nostre
estime fasse aucun progrez :
Car estans d'un esprit un peu
inégal, comme elles sont, si le
jugement ne va devant pour
qui don-
ne l'ordre
à la con-
duitte de
la vie.

258

les reconnoistre, ou si l'on n'a-
prend d'elles-mesmes les cho-
ses qui les faschent, & celles
qui leur agréent, il est bien di-
ficile de trouver jamais le se-
cret de leur plaire. Si bien que
l'on ne sçauroit donner aucu-
nes reigles certaines sur ce su-
jet, à cause de la grande dife-
rence des rencontres, & de l'in-
finie diversité des esprits. Il
suffit de dire, que les prece-
ptes qui entrent en la structu-
re de cet Art sont bien com-
muns à tout le monde, de la
mesme sorte que les places,
& les fontaines publiques :
Mais que les Sages s'en sça-
vent servir & les accom-
moder à leur usage particu-

259

lier châcun selon sa portée ; &
la profession à laquelle il s'em-
ploye. En fin pour terminer
ce discours, je conclus apres
tout, que pour faire un Hon-
neste-homme accomply, il
faut qu'il ayt tant d'eminen-
tes perfections, que les cho-
ses les plus dificieles luy soient
aisées, & que se rendant en
quelque façon admirable à
tout le monde, il n'ait luy-
mesme aucun sujet d'admirer
personne.
 
VOILA quels sont les
sentiments du plus mauvais
Courtisan de la terre sur cette
subtile & delicate matiere : Et
DI
VERS
AVER-
TISSE-
MENTS

260

sur le
dessein
de ce
traitté.
certes lors que je considere
qui je suis, quelle est mon hu-
meur, ma conduitte, ma pro-
fession, & le mespris que je
fais de la Cour, j'au peine à
concevoir comment l'envie
m'est jamais tombée en l'es-
prit d'escrire sur ce suject. Si
j'estois de quelque illustre nais-
sance, & arfent à me produi-
re, pour acquerir quelque sor-
te d'estime : Si je me laissois
tenter de cette folle vanité
d'entrer aussi souvent chez les
Grands, qu'on me faict l'hon-
neur de m'y ouvrir la porte :
Si je prenois plaisir à me mesler
dans leurs intrigues, & enfin
si j'aimois le tumulte de ce
grand monde, & que j'eusse

261

dequoy m'y rendre agreable
seulement par une partie des
vertus dont je veux que les au-
tres ayent une entiere posses-
sion, mon dessein treuveroit
peut estre quelque aprobateur
Mais voyant mes defauts com-
me je les vois, & connoissant
que je n'ay que les moindres
qualitez de toutes celles que
j'ay depeintes, je ne sçau de
quelles raisons assez aparen-
tes on pourra colorer mon en-
treprise, pour la faire paraistre
raisonnable. J'ayme mieux
avoüer franchement que la
faute que j'ay faitte de me
donner cette peine, est enco-
re pire que n'auroit esté celle
de demeurer dans l'oisiveté.

262

Mais apres tout, ce qui m'en
plaist le plus,& qui me rend
si hardy à publier ainsi mes
pensées, c'est que nous n'a-
vons encore point de loix con-
tre les mauvais Autheurs, &
que le crime de mal escrire
est demeuré jusques à present
parmy nous sans aucun exem-
ple de punition. Mon dessein
n'est que de representer plus
briefvement que les autres un
homme de bien, plustost qu'un
de ces adroits Courtisans de
ce temps, dont les plus ver-
tueuses maximes ne sont pas
tousjours innocentes. S'il est
mal habile, c'est que je le suis :
Et si l'on trouve que je ne luy
donne pas assez de bons con-

263

seils, je ne treuve pas aussi que
je sois obligé à luy enseigner
plus que je n'ay apris. Je luy
propose pourtant assez d'o-
cupation pour une partie de
sa vie, & m'asseure qu'il n'em-
ploiera gueres de ses heures in-
utilement, s'il veut  s'adonner
à tous les exercices que je luy
monstre estre convenables à
sa profession. Aussi-est-ce plu-
stost icy une idée de ce qui est
possible, qu'un exemple d'une
chose qui se voye communé-
ment. Qui n'aura pas assez de-
quoy acquerir tant de bonnes
qualitez, qu'il se tienne à ce
qu'il peut, & tasche au moins
d'avoir une partie des plus
necessaires, sans se rebutter.

264

Ceux qui veulent que de chas-
que chose que je ne fais que
designer en passant, je donne
des preceptes à plein & par le
menu, font une proposition
qui tesmoigne une foiblesse de
raisonnement digne de com-
passion. Quand je dis qu'un
Gentilhomme doit estre bien
à cheval, & qu'il doit sçavoir
bien faire des armes ; n'est-ce
pas l'avertir d'aller à l'Acade-
mie, & de hanter les Sales, ou
d'avoir chez luy de bons mai-
stres, pour apprendre d'eux ce
qu'il ne doit pas ignorer ? Ainsi
quand je luy conseille l'estude
ou de le Politique, ou de la Mo-
rale, ou des Mathematiques,
n'est-ce pas luy dire qu'il lise

265

avec soin les meilleurs Au-
theurs qui ont escrit de ces
belles Sciences, ou qu'il en
confere avec les hommes do-
ctes ? Voudroit-on point que
j'enflasse mon livre du Manei-
ge Royal, & du noble jeu de l'Es-
crime 
; & que j'y misse enco-
re des lieux communs de tou-
te l'Histoire, & les figures de
tous les instrumens de Geo-
metrie ? De mesme, lors que je
l'introduits aupres du Roy &
des gRands, faudroit-il point
aussi que je luy fisse des haran-
gues & de beau discours
pour châque jour de la se-
maine, avec un petit traitté de
la Civilité puerile ; afin qu'il
fust muny dequoy faire bien

266

sa Cour ? N'est-ce pas assez de
m'estre engagé à monstrer le
chemin, sans que l'on veuille
encore m'obliger à le faire ?
Quoy qu'il en soit, j'ay mis
dans ce petit ouvrage ce que
j'y croyois estre de plus neces-
saire, & en ay retranché, au-
tant qu'il m'a esté possible, ce
que je jugeois estre superflu.
J'y ay meslé mes opinions avec
celles des Anciens & des Mo-
dernes, & tasché de m'arrester
aux plus saines, & aux plus
conformes à la raison. S'il fal-
loit maintenant demesler ce
que j'ay pris d'eux, pour en
faire la restitution, javoüe que
je l'ay tellement engagé & con-
fondu dans le mien propre, que

267

je ne le pourrois plus recon-
noistre pour l'en separer. Mais
cette peine seroit si inutile, &
il m'importe si peu que l'on
croye que j'invente, ou que
j'imite, que plustost que d'en-
durer la question, je suis tout
prest de confesser  que les bon-
nes choses que l'on remarque-
ra dans ce discours ne sont,
si l'on veut, que purs larcins ;
Que les mediocres ont esté
mal copiées sur de bons origi-
naux ; Et que les mauvaises,
qui s'y trouveront en beau-
coup plus grand nombre que
les bonnes, sont toutes de mon
creu & de mon invention.
Que les Censeurs le dechi-
rent s'ils n'ont assez de le re-

268

prendre, je leur prometz de ne
m'en mettre non plus en cole-
re, que quand je vois battre
mes habits pour en faire sor-
tir la poussiere.
FIN.

269

SOMMAIRE
DES MATIERES
CONTENUES DANS
CE TRAITTÉ.
 
TABLEAU DE LA COUR pag. 1
Le Roy, les pRinces & les Grands.
pag. 2
 
Les Mediocres. pag. 3
La Fortune, & les vices qui la suivent. pag. 3
Le sujet de ce discours. pag. 6
Des precepts, de leur utilité, & de leur foiblesse.
pag. 6
 
DE LA NAISSANCE. pag. 7
Des avantages de la Noblesse. pag. 8
De l'heureuse naissance, de la mauvaise & de la me-
diocre.
pag. 12
De la profession du Gentilhomme, qui doit estre celle
des armes.
pag. 15
Qu'il doit estre homme de bien. pag. 16

270

Qu'il doit estre soigneux de la conservation de son
honneur.
pag. 17
Des querelles. pag. 19
Contre les querelleurs. pag. 19
De l'intellignece des querelles. pag. 19
Contre la vanité & la Fanfaronnerie. pag. 22
DE LA DISPOSITION DU CORPS. p. 24
Des exercices du Corps. pag. 26
Des Jeux de hazard. pag. 28
Contre les Joüeurs. pag. 29
De la Grace naturelle. pag. 32
De l'Affectation & de la Negligence. pag. 34
De la Negligence affectee. pag. 36
De l'affectation de la Beauté. pag. 38
Contre les Femmes fardées. pag. 39
DES QUALITEZ DE L'ESPRIT. p. 40
Que la vertu est plus aymable, & le vice plus
odieux aux Grands qu'aux autres.
pag. 41
Des avantages de la Vertu. pag. 42
Des moyens de l'acquerir, & particulierement des
bonnes lettres.
pag. 44
Du mespris qu'en font les Gentilshommes. pag. 44
De leur excellence & combien elles sont utiles &
convenables à la Noblesse principalement.
pag. 46
Des sciences qu'un Gentilhomme ne doit pas ignorer.
pag. 49
 
Des questions de Philosophie. pag. 49
Des Matematiques. pag. 50

271

De l'Oeconomie pag. 51
De la Politique, de la Morale & de l'Histoire. p. 51
Du choix des Historiens. pag. 51
Jugement des meilleurs Historiens pag. 52
De l'experience & du jugement. pag. 59
Qu'il est necessaire de sçavoir bien escrire en prose. p. 63
De la Poësie. pag. 63
De la Peinture & de la Musique. pag. 65
DES ORNEMENTS DE L'AME,
& de la vertu Chrestienne.
pag. 66
De la Religion, & de la Foy. pag. 66
Contre les Athées. pag. 67
Des autres vertus en general. pag. 68
De la crainte de Dieu. pag. 68
DE LA VIE DE LA COUR, & de ses épines. pag. 70
De la servitude. pag. 71
Des fatigues. pag. 72
Des inquietudes. pag. 72
De l'ambition, de la crainte & de l'esperance. pag. 73
Des soins ambitieux. pag. 74
De la tranquilité de la vie. pag. 74
Qu'un homme de bien peut vivre dans la corr
p tion de la Cour sans en estre souillé.
pag. 75
De la fin que l'homme de bien se doit proposer dans
la Cour.
pag. 76
Contre les Courtisans avares & ambitieux. pag. 80
Que la vertu doit estre exercée. pag. 82

272

Que les plus sages sont les plus obligez à suivre la
Cour.
pag. 86
MAXIMES que doit observer celuy qui n'a ja-
mais veu la Cour, pour y aborder.
pag. 87
Du choix d'un Amy. pag. 87
De moyen d'acquerir des Amys. pag. 91
Contre les Fourbes. pag. 93
DIVISION DE LA VIe, en Actions
et en parles.
pag. 94
Des actions, de la Valeur, & de la conduitte du cou-
rage.
pag. 95
De la Modestie & de la franchise à obliger. pag. 97
Des bons Offices. pag. 98
De la liberalité. pag. 100
Le Prodigue, l'Avare, & le liberal. pag. 102
Des presents. pag. 103
Des autres actions en general. pag. 106
DES PAROLES, qui sont la seconde partie
de la division de la vie.
pag. 108
De l'usage des paroles. pag. 108
DE L'ENTRIEN DU PRINCE. p. 109
De la premiere entrée du Gentilhomme chez le Roy,
& quel doit estre son abord.
pag. 110
De son affection a le servir. pag. 111
Quel doit estre son object. pag. 111
Ce qu'il doit observer en parlant à luy. pag. 113
Ce qu'il doit observer pour luy estre agreable. pag. 114
Ce qu'il doit observer depeur de luy desplaire. pag. 116

273

Contre les Flatteurs. 122
De ce qu'il faut observer en demandat à son Mai-
stre.
pag. 125
Qu'il faut fuyr de se rendre importun dans ses plai-
sirs & de luy estre à charge.
pag. 126
DE LA CONVERSATION DES EGAUX.
pag. 127
 
De celle des Amys. pag. 128
Des fautes qui s'y commettent. pag. 129
Malheurs qui suivent les faux Amis. pag. 131
De l'estime, & du moyen de la gaigner. pag. 133
Que les esprits judicieux ont moins d'éclat que ceux
en qui la memoire & l'imagination abondent.
pag. 134
 
De l'Opinion, son aveuglement, & sa tyrannie. pag. 138
Exemples sur ce suject. pag. 139
DE LA CONVERSATION DES
GRANDS.
pag. 150
De leurs couroisie, & de l'estat qu'ils font des hon-
nestes gens.
pag. 152
De l'honneste respect. pag. 154
Des respects importuns. pag. 155
Contre les opiniastres faiseurs de compliments. pag. 155
De l'égalité d'humeur. pag. 158
Des bonnes habitudes, & des connoissances honnestes.
pag. 160
 
Des avantages qui reviennent de l'estime des Grands. pag. 162

274

MAXIMES GENERALS de la conver-
sation.
pag. 163
Qu'il faut vaincre ses passions & ses humeurs.
pag. 163
 
De la souplesse & moderation d'esprit. pag. 165
De la rudesse & opiniastreté d'esprit. pag. 166
Reigles generales de la complaisance. pag. 168
Qu'un Honneste homme s'acommode à toutes sortes
d'humeurs.
pag. 169
De la douceur qui se trouve en la conversation des
honnestes gens.
pag. 174
Contre les grands Parleurs. pag. 175
De la difficulté de se taire. pag. 176
Des incommoditez que donnent les grands parleurs.
pag. 178
 
Impertinences & vices ordinaires des grands par-
leurs.
pag. 180
De la difficulté qu'ont les hommes à conserver les se-
crets qui leur sont communiquez.
pag. 183
Exemple sur ce suject. pag. 184
ELOGE DES HONNESTES GENS.
pag. 178
 
De leur prudence. pag. 189
De la conduitte de leur langue. pag. 190
De leur civilité. pag. 191
De leur familiere communication. pag. 192
De la douceur de leur esprit. pag. 192
De leur façon de debiter ce qu'ils sçavent. pag. 194

275

De leur modestie à juger & à parler d'eux-mesmes.  pag. 195
De leur galanterie. pag. 196
De leur Probitè. pag. 196
Contre les Menteurs & les parjures. pag. 197
Malheurs que cause la perfidie. pag. 190
DE LA RAILLERIE. pag. 200
Que la douce & honneste Raillerie anime la conver-
sation.
pag. 201
Que pour peu qu'elle soit opiniastrée elle est dangereu-
se.
pag. 203
DES BONS MOTS, & de leur excellence.
pag. 205
 
Des choses qu'l y faut observer. pag. 207
Qu'il y faut éviter la bouffonnerie. pag. 208
Qu'il y fait éviter l'aigreur. pag. 208
Qu'il ne faut attaquer de brocards, ny les miserables,
ny les meschans, ny les honnestes gens.
pag. 211
Ny les Grands. pag. 211
Ny soy-mesme. pag. 213
Ny ses Amys. pag. 213
Ny les honnestes Femmes. pag. 213
Des reigles des bons mots. pag.  214
DE LA DIFFERENCE DES âges, des
mœurs, & des autres conditions qui se doivent ob-
server en la conversation.
pag. 215
De quelle sorte unHonneste-homme se sçait demesler
d'entre ces differentes humeurs.
pag. 218

276

Dernier precepte de la conversation des égaux. p. 219
DE LA CONVERSATION des Fem-
mes.
pag. 220
Description du Cercle. pag. 221
Les Reynes & les Princesses. pag. 223
Les Dames. pag. 224
Les Filles d'honneur. pag. 224
De la conversation du Louvre, & de ses incommo-
ditez.
pag. 225
Du choix qu'il faut faire à la ville. pag. 226
De la presence exterieure. pag. 228
Des habits. pag. 229
De la mode des habits & de leur assotrissement. p. 230
Contre les inventeurs de modes extravagantes. p. 231
De la propreté des hommes. pag. 232
DE L'ACTION, qui est l'ame des paroles.
pag. 234
 
Du ton de la voix. pag. 235
De la bonne mine. pag. 236
Du geste. pag. 237
Qu'il faut respecter les Femmes. pag. 239
De la complaisance parmy les Femmes. pag. 240
Raisons pourquoy l'on doit honorer les Femmes. p. 241
Que la Vertu des Femmes est la mesme que celle des
hommes.
pag. 243
Combien elles sont necessaires dans les Cours. pag. 246
Des soins qu'il leur faut rendre. pag. 247

277

Contre les vains & les indiscrets. pag. 248
Que  les plus chastes sont souvent les plus sujettes à la
medisance.
pag. 249
Vices odieux en la conversation des femmes. pag. 251
Les Medisans. pag. 252
Les Blasphemateurs. pag. 252
Les Opiniastres, & les Resveurs. pag. 253
Les Orgueilleux. pag. 253
Que le Jugement est celuy qui donne l'ordre à la con-
duitte de la vie.
pag. 256
DIVERS  AVERTISSEMENS SUR
LE SUJET DE CE TRAITTE.
pag. 257
 
FIN DE LA TABLE.  

278

PRIVILEGE DU ROY.
OUYS PAR LA GRACE
DE DIEU ROY DE FRANCE ET
DE NAVARRE. A nos amez & feaux
Conseillers les Gens tenans nos
Cours de PArlemens, Baillifs, Senes-
chaux, Prevosts ou leurs Lieutenans,
& autres nos Officiers & Justiciers
qu'il appartiendra, Salut. Nostre cher & bien amé
le Sieur FARET nous a remonstré qu'il a compo-
sé un Livre intitulé L'Honeste-Homme, ou l'Art de
plaire à la Cour.
 Qu'il desireroit faire imprimer &
mettre en lumiere, mais il craint qu'autres le vou-
lussent faire, s'il n'avoit sur ce nos lettres qu'il nous
a supplié luy accorder. A CES CAUSES, desirant le
favorablement traitter, luy avons permis & octroyé,
permettons & octroyons par ces presentes faire im-
primer, faire vendre & distribuer par tel Libraire ou
autre que bon luy semblera ledit Livre durant le temps
de six ans, à commencer du jour qu'il sera achevé
d'imprimer, pendant lequel nous faisons tres-expres-
ses inhibitions & defenses à tous autres de l'imprimer
vendre & distribuer sans le consentement dudit Ex-
posant, ou de ceux à qui il aura transporté le present
Privilege, qui auront charge de luy ; à peine de con-
fiscation desdits livres, & de ceux qui se trouveront
contrefaits, & de trois mil livres d'amende, dont un
tiers nous appartiendra, l'autre au denonciateur, le
troisiesme audit Exposant ou celuy qui sera en son
lieu & place. Et outre ce en tous despens, domma-
ges & interests. A la charge de mettre ou faire met-
tre deux exemplaires dudit livre en nostre Biblio-

279

theque publique, à peine d'estre décheu dudit Privi-
lege. Si vous mandons que du cotnenu en ces presen-
tes ous fassiez jouyr & user ledit Exposant, ou ceux
qui auront charge de luy, pleinement & paisiblement,
sans permettre qu'ils soient troublez en quelque fa-
çon qu ce soit. VOULONS en outre, qu'en
mettant au commencement ou à la fin de chacun
desdits livres, copie dudit Privilege, ou un bref ex-
traict d'iceluy, foy soit adjoustée & tenu pour deuë-
ment verifié : CAR TEL EST NOSTRE PLAISIR.
Donné à Lyon le vingtiesme jour d'Aoust l'an de
grace mil six cens trante. Et de nostre Regne le
vingtiesme.
PAR LE ROY EN SON CONSEIL.
RENOUARD.
A la relation de Monsieur d'Irval,
Maistre des Requestes.
Et ledit sieur FARET depuis le present Privilege ob-
tenu, declare qu'il cede la moitié du tiers à lu adjugé de
l'amende, à l'Hostel-Dieu de Paris.
Et outre ce ledit FARET a cedé & trans-
porté le present privilege à TOUSSAINCT DU BRAY,
Marchand Libraire à Paris, pour en jouyr, aux condi-
tions dont ils ont accordé entre-eux pardevant Notaires.
Achevé d'imprimer le Jeudy 14 Novembre 1630.

280

Quelques-unes des fautes survenuës en l'impression.  
Affection lisez. Affectation page 35. ligne 3.
Il lisez. je. page 52. ligne 11.
toute ensemble lisez. tout page 80. ligne 19
Pour le bien ajoustez. public page 98. ligne 15.
ces vers lisez. ce vers. page 143. ligne 20.
tant magnificence lisez. tant de page 159. ligne 20.