Le régime du corps d'Aldebrandin de Sienne

d'après l'édition de Louis Landouzy et Roger Pépin

Du sel

Du sel   Du sel (p. 190)
Sels est caus ou premier degré et ses ou secont, et est de maintes manieres, mais nous n'en [f° 69d] usons que de .ij. manieres, si com celui c'on fait de l'ewe de le mer et se cuit a le caleur du solel, et autre c'on fait de puis et de grans estans, <et> qu'on fait bolir en caudieres de plom et de metal, et ce sel apelent li François sel delié, qui en autres païs est apelés salines.   Le sel est chaud au 1er degré et sec au 2nd. Il y en a de nombreuses variétés, mais nous n'en consommons que de 2 variétés, comme celui que l'on fait à partir de l'eau de la mer qui s'évapore à la chaleur du soleil, et un autre qu'on tire de puits et de grands marais, qu'on fait bouillir dans des chaudrons de plomb ou de métal — les Français appellent ce sel « fin », qui est appelé « salin » dans d'autres régions.
Et li uns et li autres est clers et blans, et nés de pierres et d'autres coses, et done nature de conforter et talent de mangier, et oste l'abomination. Mais qui l'use a outrage, si engenre roigne et malvais sanc.   L'un et l'autre sont clairs et blancs, nets de pierres et autres impuretés. Il a la nature de renforcer et donne envie de manger, supprime les nausées. Chez qui en fait trop grande consommation, il engendre la gale et le mauvais sang.