Le Platine en françoys

Bartolomeo Sacchi, dit Battista Platina, en français Platine, est né en 1421. Il fut un important humaniste de la Renaissance italienne et s'intéressa de près à la littérature et aux traditions populaires. Il commença sa carrière comme précepteur de la famille Gonzaga. En 1462, il entra au service du cardinal Francesco Gonzaga en tant que secrétaire et abréviateur des papes Pie II et Paul II. Il obtint le titre prestigieux de directeur de la Bibliothèque Vaticane sous le pontificat de Sixte VI. Il s'attacha à la rédaction des biographies de Papes (Liber de vita Christi ac omnium pontificum), mais son œuvre principale restera le De honesta voluptate et valetudine, publié en 1480, peu avant sa mort.

Ce traité d'hygiène de vie (les premières pages sont consacrées aux gestes de la vie quotidienne qui permettent de préserver la santé, l'essentiel du texte étant consacré aux aliments et à leurs vertus curatives) est le premier texte de Platine à avoir été publié. Il a été réédité de nombreuses fois pendant tout le XVIe siècle et a connu plusieurs traductions en italien, en français et en allemand.

Le Platine en françoys, comme l'évoque son titre, est la traduction (et, conformément aux habitudes de l'époque, l'adaptation) en français du texte De honesta voluptate de Platine, originellement en latin. Cette traduction française, réalisée par Desdier Christol, prieur de Saint-Maurice près de Montpellier, a été publiée à Lyon en 1505.

Deux éditions différentes portent, au colophon, la date du 18 avril 1505. Les corrections apportées au texte en cours d'impression ne semblent pas aller au-delà du feuillet 5 et touchent plus spécialement les pages 4r et 5r.

Des habitudes différentes en matière de mise en page (type de lettrine, disposition des titres), d'abréviations et de graphies montre que deux ouvriers au moins ont travaillé alternativement à la composition du texte, au moins à partir du feuillet 20. Les différences sont si marquées qu'elles permettent de quantifier le travail fourni par l'un et l'autre.

Par ailleurs, des différences fondamentales au niveau de la langue (lexique, grammaire) révèlent que le travail de traduction est plus vraisemblablement le fait de plusieurs traducteurs que du seul Desdier Christol.

Ces différents constats coupent court toute ambition de régulariser et d'uniformiser la langue du texte, qui ne saurait être édité qu'en l'état, la préférence ne pouvant être accordée à la langue d'un des traducteus au détriment de tous les autres.

Source du document : Gallica

Transcription de l'édition de Lyon, Francoys Fradin, 1505.